L’appellation d’origine protégée Saint-Joseph est une appellation du vignoble de la vallée du Rhône septentrionale, créée en 1956. Elle s’étend sur environ 50 kilomètres le long de la rive droite du Rhône, depuis la commune de Chavanay au nord, dans le département de la Loire, jusqu’à Guilherand-Granges et Saint-Péray au sud, dans l’Ardèche. L’aire d’appellation couvre aujourd’hui 26 communes, dont 23 en Ardèche et 3 dans la Loire. La superficie totale plantée se situe autour de 1 300 à 1 400 hectares, pour une production annuelle moyenne comprise entre 45 000 et 55 000 hectolitres, soit environ 6 à 7,5 millions de bouteilles selon les millésimes.
Le climat est de type continental tempéré à influence méditerranéenne, marqué par des étés chauds et secs, des hivers froids et la présence régulière du mistral qui assainit le vignoble. La pluviométrie annuelle moyenne se situe entre 700 et 900 mm. Les vignes sont majoritairement implantées sur des coteaux escarpés, souvent aménagés en terrasses soutenues par des murets en pierre sèche. Les altitudes varient généralement entre 150 et 350 mètres.
Les sols sont très majoritairement composés de granites, de gneiss et de schistes dans la partie nord de l’appellation, autour de Chavanay, Malleval et Tournon, offrant des terrains filtrants, pauvres et très favorables à la syrah. En descendant vers le sud, les sols deviennent plus variés, avec des formations argilo-calcaires, des galets roulés et des dépôts alluviaux, donnant des vins généralement plus souples et accessibles.
L’encépagement est strictement réglementé. Pour les vins rouges, la syrah est le cépage principal et obligatoire, pouvant être complétée par un maximum de 10 % de marsanne et de roussanne en assemblage. Les rouges représentent environ 85 à 90 % de la production totale de l’appellation. Pour les vins blancs, seuls deux cépages sont autorisés : la marsanne et la roussanne, en monocépage ou en assemblage, avec une nette dominante de marsanne dans la majorité des cuvées.
Les rendements maximaux autorisés sont fixés à 40 hl/ha pour les rouges et à 45 hl/ha pour les blancs, avec des rendements réels souvent inférieurs, situés entre 30 et 40 hl/ha selon les domaines et les millésimes. Le degré alcoolique minimal requis est de 10,5 % vol pour les rouges et de 11 % vol pour les blancs, mais les degrés réels se situent généralement entre 12,5 et 14,5 % vol pour les rouges et entre 12,5 et 14 % vol pour les blancs.