L’AOP Alsace est l’une des plus vastes appellations viticoles françaises. Elle couvre environ 15 600 hectares de vignes, répartis sur près de 120 communes, le long du piémont vosgien, sur une bande étroite d’environ 120 km de long et 2 à 5 km de large, du nord de Strasbourg jusqu’au sud de Mulhouse. La production annuelle moyenne se situe autour de 1,1 à 1,2 million d’hectolitres, soit environ 150 millions de bouteilles par an, ce qui représente près de 20 % de la production française de vins blancs tranquilles.
Le vignoble est implanté entre 175 et 420 mètres d’altitude, sur des coteaux bien exposés à l’est et au sud-est, bénéficiant d’un climat semi-continental sec et ensoleillé. La pluviométrie moyenne annuelle est faible pour une région viticole française, comprise entre 500 et 600 mm par an, grâce à l’effet de foehn créé par le massif des Vosges. Cette particularité climatique favorise une maturité lente et complète des raisins, tout en limitant les maladies cryptogamiques.
La diversité géologique est exceptionnelle, avec plus d’une dizaine de familles de sols identifiées : granites, gneiss, schistes, grès vosgiens, calcaires, marnes, argiles, loess et sols volcaniques. Cette mosaïque géologique explique la grande diversité de styles de vins produits sous l’appellation.
L’AOP Alsace est majoritairement consacrée aux vins blancs, qui représentent environ 90 % de la production totale. Les cépages autorisés sont nombreux, mais l’identité de l’appellation repose sur sept cépages principaux. Le riesling couvre environ 23 % du vignoble (environ 3 600 ha), le gewurztraminer 20 % (environ 3 100 ha), le pinot gris 15 % (environ 2 300 ha), le pinot blanc et auxerrois environ 21 % cumulés (environ 3 300 ha), le sylvaner 10 % (environ 1 500 ha), le muscat 2 à 3 % (environ 400 ha). Le pinot noir est le seul cépage rouge autorisé et représente environ 10 % des surfaces (environ 1 600 ha), proportion en constante augmentation depuis une quinzaine d’années.
Les rendements maximaux autorisés sont fixés à 80 hectolitres par hectare pour les vins blancs et à 60 hectolitres par hectare pour le pinot noir, avec un rendement butoir respectivement de 96 hl/ha et 72 hl/ha. En pratique, les rendements moyens observés sont plus faibles, généralement compris entre 55 et 70 hl/ha selon les cépages et les millésimes. Le degré alcoolique naturel minimum est de 9 % vol pour la majorité des vins, avec des exigences plus élevées pour certains cépages aromatiques.
L’appellation AOP Alsace se distingue par l’usage quasi systématique de la bouteille dite “flûte d’Alsace”, élancée et réglementaire, obligatoire pour la mise en marché. Les vins peuvent être commercialisés sous deux mentions principales : Alsace, avec indication du cépage, ce qui est une singularité en France, et Alsace Pinot Noir pour les rouges. Les mentions de sucrosité ne sont pas obligatoires, ce qui explique la grande variabilité des profils, allant de vins strictement secs à des vins moelleux, voire liquoreux, selon le millésime et le choix du vigneron.
Sur le plan économique, l’Alsace compte environ 2 800 exploitations viticoles, dont une part importante de domaines familiaux de petite à moyenne taille. Environ 30 % de la surface est conduite en agriculture biologique ou en conversion, plaçant l’Alsace parmi les régions françaises les plus engagées dans le bio. L’exportation représente près de 25 % des volumes, avec comme principaux marchés l’Allemagne, les États-Unis, les pays scandinaves et le Japon.