Après le gel de 2021 et la sécheresse de 2022, l’espoir d’une campagne viticole sans incident paraissait légitime. Le millésime suivant, bien que très différent des deux précédents, s’est toutefois imposé comme une nouvelle année de défis, marquée par la persévérance et l’humilité.
Alors que 2022 avait été dominé par un déficit hydrique prononcé, le millésime 2023 s’est distingué par des pluies orageuses intenses et, dans certains secteurs, par des épisodes de grêle. Le vignoble d’altitude de Saint-Pierre a été particulièrement touché, entraînant une baisse des rendements et surtout un feuillage fortement endommagé, ce qui a compliqué la maturation régulière des raisins.
Malgré la complexité de la saison, les parcelles historiques de vieilles vignes présentaient, à la fin du mois de juillet, un potentiel très encourageant. Peu affectées par la grêle, saines et relativement bien alimentées en eau grâce aux orages, elles laissaient entrevoir une évolution favorable.
Cet équilibre apparent a cependant été remis en cause par une canicule soudaine au mois d’août. En l’espace de quelques jours, une part importante du feuillage et des grappes s’est desséchée, l’acidité a chuté à des niveaux très bas, la photosynthèse s’est trouvée freinée et la migration des sucres bloquée.
Les vendanges ont débuté à la fin du mois d’août pour s’achever à la fin septembre, dans un contexte de fin de campagne éprouvant. Le tri des raisins a été particulièrement rigoureux, et les fermentations, assurées par les levures, se sont déroulées dans de bonnes conditions.
Quelques mois plus tard, les dégustations se sont révélées rassurantes. Malgré des niveaux d’acidité exceptionnellement faibles, les vins blancs comme les vins rouges se montrent à la hauteur : le fruit s’exprime avec netteté, les équilibres sont préservés et les tanins arrivent à maturité. La qualité remarquable des terroirs, associée à un travail conduit avec exigence et persévérance, a finalement donné naissance à un millésime aussi surprenant qu’abouti.
Parcelles de 3,5 ha sur les coteaux des lieux-dits : Combe, Patou, La
Côte, Les Mazards et Chaillot. Coteaux à environ 200 mètres d’altitude, avec
une exposition sud/sud-est, les vignes sont enracinées en profondeur sur de
vieux granits très dégradés, appelés localement gores.
Vigne et vin certifiés bio depuis le millésime 2016 et conduits en biodynamie.
Cépage Syrah cultivé en gobelet sur échalas.
Vendanges manuelles.
Éraflage partiel des raisins avec 20% de raisins entiers.
Fermentation avec levures indigènes, et macération de plusieurs semaines en
cuve inox, avec pigeages et remontages 2 fois par jour.
Élevage en fûts de 228 litres durant 20 mois, 10 % de fûts neufs.
Sulfitage réduit - SO2 total 59 mg/l (autorisé en bio : 100 mg/litre)
Potentiel de garde : 20 ans