Jacques Granges est à l’origine du Domaine de Beudon,
vignoble hors norme accroché aux hauteurs de Fully, en Valais. Issu d’un milieu
rural et montagnard, il n’était pas destiné à la viticulture classique mais à
une relation plus directe avec la terre et le paysage. Autodidacte passionné,
nourri de lectures, d’observation et d’expérimentation, il fonde le domaine au
début des années 1970 avec une conviction simple et radicale : un grand vin
naît d’un lieu extrême et d’une main humble. Très tôt, il adopte des pratiques
proches de la biodynamie, guidé davantage par l’intuition et le respect du
vivant que par les cahiers des charges. Une anecdote raconte qu’il refusait
toute facilité mécanique, acceptant les rendements faibles et l’effort physique
colossal du vignoble, estimant que “le vin doit mériter d’exister”, phrase
devenue presque mythique à Beudon.
Marion Granges, son épouse, partage cette aventure autant
humaine que viticole. D’origine sensible au monde agricole et à la nature, elle
se forme progressivement à la viticulture et à la biodynamie aux côtés de
Jacques, dans une transmission quotidienne faite de gestes, de discussions et
de silences. Elle ne s’est jamais inscrite dans une posture d’héritage figé,
mais dans une continuité vivante, attentive et exigeante. Après le décès de
Jacques en 2016, elle reprend pleinement la conduite du domaine, avec une
approche à la fois fidèle et affinée, cherchant l’équilibre entre la vision
fondatrice et une lecture contemporaine du terroir. Une anecdote souvent
évoquée au domaine veut que Marion goûte systématiquement les vins en regardant
la montagne, affirmant que “si le paysage ne s’y retrouve pas, le vin n’est pas
encore prêt”, résumant à elle seule l’esprit de Beudon : un vin né du lieu
avant d’être né de la main.
Une anecdote résume souvent leur philosophie commune :
Jacques disait volontiers que “si la vigne souffre un peu, elle raconte mieux
son histoire”. Cette phrase, simple en apparence, est devenue une sorte de
boussole pour Marion, qui continue de vinifier des vins de montagne sans
concessions, acceptant les caprices du climat, les faibles rendements et
l’effort physique, pour laisser au verre la liberté de dire d’où il vient.
Cépages :
Chasselas (Fendant), Petite Arvine, Pinot Noir, Gamay, Gamaret, Cornalin, Humagne Rouge, Chambourcin, diolinoir, païen, sylvaner, riesling,