Le souvignier gris est un cépage blanc d’origine allemande créé en 1983 à l’Institut de Staatliches Weinbauinstitut Freiburg par le sélectionneur Norbert Becker, issu d’un croisement entre le cabernet sauvignon et le bronner, ce dernier étant lui-même un hybride intégrant des gènes de résistance issus de vignes américaines et asiatiques. Il appartient à la famille des cépages PIWI, caractérisés par une forte résistance au mildiou et à l’oïdium, permettant une réduction des traitements phytosanitaires de l’ordre de 70 à 90 pour cent par rapport aux cépages traditionnels. Il est inscrit au catalogue officiel allemand depuis 2013 et connaît une expansion rapide en Allemagne, en Suisse, en Autriche et dans certaines régions françaises, avec des surfaces estimées à plusieurs centaines d’hectares en forte croissance, notamment dans les vignobles engagés en agriculture biologique ou biodynamique. Sur le plan agronomique, le souvignier gris présente un débourrement relativement tardif, limitant les risques de gel printanier, et une maturité de mi-saison à légèrement tardive, généralement proche ou légèrement postérieure au pinot gris. Il offre une vigueur moyenne à forte, une bonne fertilité et des rendements compris entre 60 et 100 hl/ha selon les conditions culturales, avec des densités de plantation généralement situées entre 4 000 et 6 000 pieds par hectare. Les grappes sont de taille moyenne, assez compactes, avec des baies à pellicule épaisse de couleur gris rosé, riches en composés phénoliques, ce qui permet des vinifications variées, en blanc classique, en macération pelliculaire ou en vins dits orange. Les niveaux de sucre atteignent fréquemment 200 à 240 g/L, correspondant à des degrés alcooliques potentiels de 12 à 14 pour cent, avec des acidités modérées à relativement élevées et des pH généralement compris entre 3,1 et 3,5. Sur le plan œnologique, il se prête à des vinifications en cuve inox, en foudre ou en barrique, avec ou sans fermentation malolactique, et supporte bien les élevages sur lies. Le profil aromatique est large et complexe, évoquant les fruits blancs et jaunes, la poire, la pêche, les agrumes mûrs, les fleurs blanches, avec des notes épicées et parfois légèrement muscatées, ainsi qu’une dimension texturée liée à sa richesse phénolique. La bouche est généralement ample, structurée, avec une fraîcheur bien intégrée et une finale souvent saline. Le potentiel de garde est variable selon le style, généralement de 5 à 10 ans, avec une bonne aptitude à produire des vins expressifs, équilibrés et particulièrement adaptés aux enjeux actuels de réduction des intrants et d’adaptation climatique.