Le climat de l’année 2023 a été très favorable pour le
vignoble de Châteauneuf-du-Pape.
L’hiver a été sec, puis marqué par des pluies régulières, avec une moyenne de
200 mm entre janvier et août, permettant au vignoble de bénéficier d’un apport
en eau suffisant tout au long de l’année. Le Mistral a contribué à protéger les
vignes des maladies, ce qui a donné une sortie de grappes plutôt généreuse,
menées à très belle maturité grâce à un été sec. Les vendanges ont débuté le 22
août, soit plus tard que les années précédentes, avec le choix de récolter très
tôt le matin afin de préserver la qualité maximale des raisins.
Il en résulte des vins structurés, portés par un fruit d’une
grande pureté. L’équilibre, déjà remarquable, laisse présager un excellent
potentiel de garde.
Le millésime 2023 rappelle ainsi le grand équilibre des millésimes 2000 ou
encore 2012.
Vendanges manuelles avec tri à la vigne puis en cave.
Eraflage à 100%, puis fermentation en cuves béton par les levures indigènes.
Remontages, pigeages manuels et délestages sont effectués durant toute la
macération du raisin (35 jours).
Début des vendanges le 12 Septembre pour les Syrahs et le 22 septembre pour les
Grenaches.
En cuves bois tronconique, en foudres et vieilles barriques
pendant 14 mois.
Sol sableux recouverts de galets roulés, situés à l’intérieur des murs du
Clos.
Terroir enclavé dans l’appellation Châteauneuf-du-Pape, conférant des vins de
Côtes du Rhône « hors normes ».
Les vins du domaine
En 1956, Paul Pouizin, le grand-père de Sylvie, a acheté le Clos
du Caillou, qui était alors un domaine modeste avec seulement quelques vignes,
un peu de bois et un vieux corps de ferme. « À l’époque, il n’y avait rien de
ce qu’on connaît aujourd’hui », se rappelle Sylvie Vacheron, qui a repris le
domaine avec son mari, Jean-Denis Vacheron, en 1995. Au fil des années, avec
l'aide de son père, puis de son mari et aujourd'hui de Bruno Gaspard et de leur
équipe, le domaine a connu un véritable essor. Aujourd’hui, le Clos du Caillou
s'étend sur 56 hectares, dont 10 hectares en AOC Châteauneuf-du-Pape.
Cependant, le domaine aurait pu bénéficier d’une plus grande superficie en AOC,
mais en 1936, l’ancien propriétaire a refusé d’accueillir les experts chargés
de la procédure de classement. Résultat : les vignes à l’intérieur du domaine
ne furent pas inscrites dans l'aire d’appellation, et le Clos du Caillou reste
une enclave au sein de Châteauneuf-du-Pape, cultivé en Côtes-du-Rhône.
En 1995, Claude Pouizin, le père de Sylvie, pose un
ultimatum : « Si vous ne reprenez pas le domaine, je le vends ! » À ce
moment-là, Sylvie et son mari vivent en Loire, où Jean-Denis, issu d’une
famille de vignerons, gère le domaine Vacheron à Sancerre. « Nous avons décidé
de tenter l’aventure dans le Sud », explique Sylvie, « avec l’objectif de
développer les réseaux commerciaux. » Jean-Denis s’occupe du vignoble et des
vinifications, tandis que Sylvie s'implique activement dans les travaux
agricoles. En à peine six ans, le Clos du Caillou devient l’un des meilleurs
domaines de l’appellation. Mais après la tragédie de la perte de Jean-Denis
dans un accident de voiture en 2002, Sylvie pense tout abandonner. «
Heureusement, mes beaux-parents et les vignerons de Châteauneuf-du-Pape m'ont
encouragée à continuer », confie-t-elle. Elle rencontre alors Bruno Gaspard, un
vinificateur passionné qui va jouer un rôle clé dans la relance du domaine. Peu
à peu, le Clos reprend son envol et la famille Vacheron forme une équipe unie
et déterminée.
Aujourd'hui, la nouvelle génération entre en scène. Marilou
Vacheron, la fille de Sylvie, a rejoint l’équipe commerciale après une école de
commerce à Lille, tandis que son frère Axel se forme en viticulture en Suisse.
À 60 ans, le Clos du Caillou écrit une nouvelle page de son histoire, avec une
équipe prête à relever de nouveaux défis.