L’Anjou Blanc 2024 est élaboré exclusivement à partir de Chenin Blanc provenant de vignes implantées sur les terroirs de l’Anjou noir, caractérisés notamment par des sols de schistes gris et de rhyolite issus du socle ancien du Massif armoricain. Certaines vignes atteignent environ 35 ans et le domaine travaille avec des densités de plantation pouvant atteindre 8 000 pieds par hectare. Thibaud Boudignon conduit son vignoble selon une approche biologique particulièrement rigoureuse, complétée par des pratiques inspirées de la biodynamie, avec un travail important des sols et une recherche de rendements volontairement faibles. Les vendanges sont réalisées manuellement afin de sélectionner précisément les raisins et de préserver leur intégrité. Après un pressurage délicat, les fermentations sont spontanées grâce aux levures indigènes. L’élevage s’effectue sur lies fines en fûts de chêne, avec différents contenants permettant de travailler la texture du vin sans lui imposer une empreinte boisée excessive. Selon les lots et les millésimes, l’élevage se prolonge autour d’une année. L’objectif reste avant tout de conserver l’énergie naturelle du Chenin, la fraîcheur du millésime et l’expression minérale des schistes. L’Anjou Blanc est ainsi construit davantage sur la tension et la précision que sur la puissance, avec un élevage destiné à apporter de la profondeur et du volume tout en laissant le terroir au premier plan.
Les vins du domaine
Le cœur du domaine est Savennières, appellation réputée pour
ses vins de Chenin Blanc secs, souvent minéraux, sur sols de schistes,
rhyolites, grès, argiles selon les parcelles.
Parcelles phares : Clos de la Hutte (clos historique, sur
schistes profonds), Clos de Frémine (terrain adjacent, plus sablonneux), La
Vigne Cendrée (≃ 0,5 ha, mélange de schistes, granites, argiles), Clos
Devant le Jeu, etc.
En Anjou, il dispose de vignes de Chenin Blanc, mais aussi
de Cabernet Franc / Grolleau (notamment pour son rosé).
Le domaine travaille en mode biologique / biodynamique (non
certifié parfois), avec un faible usage de soufre, des sols vivants et une
approche minimaliste.
Il emploie une philosophie de sélection massale pour
replanter ses vignes (matière végétale interne), recherche la faible vigueur,
petits rendements.
Vendanges : manuelles, tri sévère.
Pressurage : pressurage en grappes entières (ou du moins
presser en douceur), pas de décantation grossière avant fermentation.
Fermentation : levures indigènes (naturelles), souvent sans
fermentation malolactique (pas de malo), selon le millésime, pour préserver
acidité & tension.
Élevage : sur lies fines, en barriques / foudres de 300 à
600 litres, incluant des foudres austrois Stockinger, hogsheads, puncheons,
etc. L’influence du bois est minimale — le but est texture, micro-oxygénation,
et non goût de bois neuf.
En 2021-2022, il a poussé les élevages sur lies plus longs,
pour certaines cuvées, et pré-maturation supplémentaire avant mise en
bouteille.
Il dispose d’une cave/winery moderne (inaugurée en ≈ 2016)
près du Clos de la Hutte, avec contrôle thermique / humidité souterrain
(système enterré) pour stabiliser les conditions d’élevage.
Le style : vivacité, verticalité, pureté aromatique,
expression directe du terroir plutôt que l’opulence fruitière.
Le bois doit rester transparent, sans marquer ; le vin doit
parler avant tout par le chenin & le terroir.
Il refuse souvent la malo, car pour lui c’est « tricher »
avec l’expression naturelle du vin.
Il cultive chaque hectare avec grande rigueur : pour la
saison végétative, un ouvrier par hectare pour l’entretien, palissage, gestion
de l’herbe, etc.
Sa cave est pensée pour stabilité naturelle, sans artifices,
et pour laisser le vin évoluer sans subir des chocs thermiques.