La production d’absinthe repose sur l’utilisation de plantes
aromatiques : Grande Absinthe, absinthe romaine, mélisse, hysope,
hélichryse (herbe à curry), fenouil, agastache anisé, menthe coq, menthe
chocolat, menthe suisse, estragon du Mexique. Les plantes sont d’abord mises à
macérer dans un alcool neutre afin d’en extraire les composés aromatiques et
les huiles essentielles. Cette macération est ensuite distillée dans un alambic
afin d’obtenir un distillat concentré et pur. Dans certains cas, une seconde
macération de plantes fraîches peut être réalisée après distillation pour
apporter la coloration naturelle verte et enrichir le profil aromatique.
L’alcool est ensuite réduit progressivement avec de l’eau afin d’atteindre le
degré final avant la mise en bouteille. La production reste artisanale et
s’inscrit dans une tradition de distillation héritée des régions alpines et
jurassiennes.
L’absinthe présente généralement une robe limpide pouvant
aller du transparent au vert pâle selon qu’elle soit blanche ou colorée par les
plantes. Le nez est très intense et dominé par les notes d’anis, de fenouil et
d’armoise, accompagnées de nuances herbacées, mentholées et légèrement épicées.
À la dilution avec de l’eau froide, le phénomène de louche apparaît, donnant au
liquide une teinte opalescente caractéristique due aux huiles essentielles. En
bouche, l’attaque est puissante et aromatique avec une forte présence d’anis et
de plantes alpines. La texture est ample et chaleureuse en raison du degré
alcoolique élevé, mais l’équilibre entre les plantes apporte une sensation de
fraîcheur. La finale est longue, persistante et marquée par des notes herbacées
et légèrement amères. L’absinthe se déguste traditionnellement diluée avec
trois à cinq volumes d’eau fraîche versés lentement sur un sucre placé sur une
cuillère ajourée, afin de révéler toute la complexité aromatique du spiritueux.